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Renaissance française : littérature d’idées et invention de l’essai
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Le XVIe siècle français est marqué par un débat d’idées sans précédent. Cependant, ce débat est loin d’être ouvert et facile : la censure oblige de nombreux auteurs à s’exiler ou à limiter leurs audaces. Nombre d’entre eux expriment leur pensée politique ou religieuse dans des genres tels que la poésie (Marot) ou le récit (Rabelais), espérant, par le déguisement littéraire, atténuer aux yeux des censeurs la portée de leur discours — souvent en vain.

Dans le domaine de la littérature d’idées à proprement parler, ce siècle se caractérise par la recherche de la simplicité : loin de multiplier les contraintes de langue (rhétorique, lexique, syntaxe) ou de structure, les ouvrages de cette catégorie tendent à la sobriété, de façon à toucher le plus grand nombre de lecteurs.

 

Jean Calvin puis Montaigne

L’un des auteurs les plus importants de cette catégorie est Jean Calvin, dont l’essentiel de la pensée est consigné dans son ouvrage Institution de la religion chrétienne (1536-1559). Véritable manifeste en faveur de la Réforme, dont il explique et légitime les convictions sur les plans religieux, politique et moral, cet ouvrage, d’abord écrit en latin puis traduit en français, est effectivement caractérisé, sur le plan formel, par une simplicité apte à toucher un public plus vaste que ne le font alors la plupart des ouvrages de morale et de théologie.

Le désir d’échapper aux contraintes formelles engendre un genre nouveau, l’essai, inauguré avec les Essais de Michel de Montaigne.

Inspiré par une pensée à la fois humaniste et stoïcienne, cet ouvrage, d’une nature sans précédent, rend bien compte des interrogations de l’époque, exprimant notamment un relativisme absolu en matière de connaissance. Montaigne y recense ses réflexions et ses humeurs quotidiennes, ses réactions sur telle lecture, telle conversation, tel événement politique, selon une structure très libre et dans un style sans ornement ni emphase, qui multiplie citations et digressions sans craindre de nuire à la cohérence du propos. L’auteur cherche à y saisir la nature humaine à travers l’analyse de sa propre personnalité ; il tente aussi de formuler clairement les principes qui peuvent aider l’homme à connaître un bonheur serein, fondé sur l’acceptation de son sort et sur l’exercice raisonné de sa liberté.

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Montaigne
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