Carnet Photographique Population mondiale
Carte de la population mondiale
Carnet Photographique

Le six milliardième être humain a officiellement vu le jour le 12 octobre 1999, à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine. Cette date a été choisie arbitrairement par le F.N.U.A.P., dans son rapport annuel rendu public le 22 septembre précédent. Il ne s'agit là que d'une convention, attendu que les instruments de mesure dont disposent les Nations unies ne sauraient être à ce point précis. Le lieu choisi est hautement symbolique. Théâtre d'un conflit qui a ensanglanté les dernières années du XXe s., Sarajevo voit donc son nom associé à l'un des défis majeurs du siècle suivant : assurer un avenir décent à chacun de ces enfants qui naissent aujourd'hui en masse. Pour l'occasion, les autorités bosniaques ont annoncé la construction d'un monument commémoratif, en présence du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan.

Carte population mondiale
Carte de la population mondiale
Carte de la population mondiale. Source Larousse
Perspectives démographiques pour 2025
Il a fallu 40 000 ans, depuis l'homme de Cro-Magnon, pour en arriver à 2,5 milliards d'individus. Il a fallu trente-sept ans pour que la population du globe double, entre 1950 et 1987, passant de 2,5 à 5 milliards d'habitants. Selon l'O.N.U., il faudra plus de temps pour qu'elle double à nouveau et l'hypothèse d'une explosion démographique paraît exclue. La Division de la population des Nations unies fait, tous les deux ans, une série de prévisions fondées sur trois hypothèses très différentes quant à la fécondité future des femmes des pays en développement. Dans presque tous les pays industrialisés, cette fécondité est désormais inférieure au taux de remplacement et, dans leur majorité, les pays européens s'orientent vers une diminution de leur population.

Dans le cadre de son hypothèse moyenne, l'O.N.U. suppose que l'indice synthétique de fécondité de tous les pays convergera vers le niveau de remplacement de 2,1 enfants par femme au milieu du XXIe s. La population mondiale pourrait alors passer à 11 milliards de personnes et se stabiliser. L'hypothèse basse suppose que les ménages du monde entier n'auront en moyenne que 1,6 enfant, soit le taux actuel de fécondité générale en Europe. La population mondiale commencerait à diminuer, après avoir atteint un maximum de 8 milliards de personnes, car le remplacement de tous les ménages ne serait pas assuré.
Toutes ces hypothèses induisent que les taux de natalité baisseront à un rythme régulier et qu'ils deviendront plutôt faibles. Mais cette évolution n'est pas uniforme.

Enfants dans le monde
Enfant en Inde. Photo E. Buchot
Elle varie d'un pays à l'autre, et parfois d'une région à l'autre au sein d'un même pays. En Inde, par exemple, la diminution de la fécondité, dont le taux est actuellement de 3,5 enfants par femme – au lieu de 5,5 dans les années 1970 –, est due en grande partie à la baisse observée dans les États du Sud, plus prospères et mieux alphabétisés que les grands États du Nord, dont l'Uttar Pradesh, qui compte plus de 130 millions d'habitants et dont la fécondité est de 5 enfants par femme.
La transition démographique
Au seuil du XXIe s., tous les pays ont dépassé le stade qui précède la transition démographique. La transition est terminée dans les pays développés (Amérique du Nord, Europe et Russie, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande) : natalité et mortalité sont basses ; l'accroissement naturel est minime, parfois négatif. D'autres pays se trouvent au cours de la deuxième phase : la fécondité baisse, l'accroissement naturel reste cependant très élevé. C'est le cas des pays de l'Amérique latine (Colombie, Venezuela, Argentine, Chili exclus), de ceux de la partie septentrionale de l'Afrique, du sous-continent indien, de la péninsule indochinoise, de l'Indonésie, des Philippines et de la Mongolie. Pour certains pays même (républiques musulmanes de l'ex-U.R.S.S., Argentine, Chili, Colombie, Venezuela), cette phase est bien entamée : la natalité baisse sensiblement et l'accroissement naturel se ralentit ; cette évolution peut être la conséquence d'une amélioration du niveau de vie, ou d'un contrôle des naissances coercitif, comme en Chine. Enfin, quelques pays sont encore dans la première phase de la transition : la mortalité a fortement baissé, alors que la natalité reste élevée. L'accroissement naturel est en forte augmentation en Afrique subsaharienne, dans une grande partie des pays musulmans du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Iraq, Iran, Afghanistan) ou en Bolivie. Source Larousse et Emmanuel Buchot
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