Histoire du Kenya : la colonisation britannique
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Au début du XIXe siècle, le sultanat d’Oman — qui a conclu un traité d’amitié avec les Britanniques, dont l’influence s’affirme dans cette partie de l’Afrique — a conquis toutes les villes swahili situées au nord du cap Delgado. Maître d’un vaste empire commercial, Oman n’essaie pas de dominer les populations de l’intérieur. En 1830, la capitale du sultanat est transférée de la péninsule Arabique dans l’île de Zanzibar, au large de l’actuelle Tanzanie. Les plantations de girofle de Zanzibar et les palmeraies à huile de Mombasa nécessitent une main-d’œuvre importante, qui est pourvue par la traite des Noirs. Contrôlée depuis Mombasa et Zanzibar, la traite négrière (voir commerce triangulaire) s’étend à l’intérieur de l’Afrique jusqu’au Congo. Les négriers swahili effectuent parfois des raids mais, le plus souvent, achètent les esclaves aux tribus locales dominantes. Les Kambas du Kilimandjaro participent ainsi au « commerce honteux ». Les missionnaires et explorateurs européens dénoncent violemment cette traite négrière, dont l’Europe est pourtant bénéficiaire en incitant les pouvoirs locaux à pratiquer le commerce de coton et de clous de girofle. |
Le consul britannique à Zanzibar prend la tête du mouvement antiesclavagiste. Vers 1850, en échange de garanties concernant le maintien de sa domination sur la côte, le sultan d’Oman signe des traités limitant ce commerce, avant d’accepter, en 1873, d’abolir la traite, c’est-à-dire le commerce, mais non l’utilisation d’esclaves dans les plantations. De 1873 à 1886, le consul britannique John Kirk encourage le sultan à annexer à son empire la plaine agricole côtière. L’unification territoriale profitera à terme aux Britanniques, en lutte avec les Allemands pour le contrôle de l’Afrique orientale. Les zones d’influence respectives sont définies lors du congrès de Berlin, en 1885. Les Allemands obtiennent la côte du Tanganyika (une partie de l’actuelle Tanzanie), ainsi que le mont Kilimandjaro et le Kenya revient aux Britanniques. |
Dans un premier temps, les intérêts britanniques sont représentés par l’Imperial British East Africa Company. Mais en 1896, le Foreign Office en prend le contrôle direct, sous prétexte de construire une voie ferrée reliant Mombasa au lac Victoria. Des travailleurs indiens sont employés à la construction de cette ligne qui doit faciliter la conquête de l’intérieur du pays. Les populations locales ne peuvent résister à l’extension du protectorat britannique. Les chefferies autochtones sont maintenues, sous la tutelle de chefs de district placés sous l’autorité d’un gouverneur nommé par Londres, les meilleures terres, jusque-là cultivées par les Kikuyu, étant cependant attribuées aux colons. Avant 1900, certains ont commencé à s’installer dans la région de Nairobi, important nœud ferroviaire. À la fin de la Première Guerre mondiale, durant laquelle plus de 150 000 Kenyans ont été enrôlés dans l’armée britannique, environ 9 000 colons sont établis sur les hauts plateaux. |
En 1919, la population autochtone est gravement affectée par la famine ; Kikuyu, Kambas et Luos se révoltent à plusieurs reprises contre l’accaparement de leurs terres. En 1920, le Kenya devient une colonie de la Couronne, mais la situation des autochtones n’évolue guère. Elle est même aggravée par les effets de la crise économique de 1929, aussi nombre d’entre eux sont contraints d’émigrer vers les villes. Le nouveau statut colonial permet cependant la création d’associations : les Kikuyu fondent ainsi, en 1925, leur formation, afin de lutter contre l’accaparement des terres. Jomo Kenyatta devient le secrétaire général de la Kikuyu Central Association (KCA). Il se rend, en 1929, à Londres afin d’en appeler à l’opinion britannique et internationale. En 1940, la KCA est interdite. Kenyatta demeure en exil jusqu’en 1946 : revenu dans son pays, il prend la tête du mouvement indépendantiste. "Kenya" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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