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Les conséquences de la 2nde guerre mondiale en URSS
Carnet Photographique URSS

L’Union soviétique sort épuisée de la guerre. Staline tente de minimiser la saignée humaine en reconnaissant seulement 7 millions de morts. En réalité, le pays a perdu entre 27 et 30 millions d’hommes. L’économie soviétique est toutefois rapidement relancée, grâce notamment aux réparations de guerre et à la main-d’œuvre fournie par des millions de prisonniers de guerre allemands. Mais l’industrie révèle vite ses archaïsmes. De même, l’agriculture montre ses faiblesses et se révélera bientôt incapable de nourrir les Soviétiques.

Pourtant, jouissant de l’aura conférée par son rôle dans la victoire alliée et par l’héroïque bataille de Stalingrad, l’URSS sort anoblie de la guerre ; et c’est probablement ce qui compte le plus aux yeux des dirigeants soviétiques. Désormais, ils peuvent s’enorgueillir de jouer un rôle politique international sans comparaison avec celui qu’ils tenaient avant guerre.

 

Quant aux questions intérieures, selon une logique bien rodée dans les années trente, Staline tient l’URSS dans un gant de fer (déjà, pendant la guerre, le Comité central du PCUS n’a été convoqué qu’une seule fois entre 1940 et 1944). Dans l’immédiat après-guerre, d’autres signes illustrent cette situation : outre les déportations politiques déjà évoquées, l’ordre policier est renforcé et les déplacements des peuples Kamoulks, Balkars, Ingouches, Tchétchènes etc., se poursuivent (ils seront d’ailleurs rendus définitifs par un décret de 1948).
Une nouvelle donne mondiale

En effet, l’épuisement du pays n’empêche pas qu’il se soit étendu vers l’ouest. En outre et surtout, l’URSS est reconnue comme l’une des grandes puissances mondiales. À ce titre, elle tient une place prépondérante dans la politique internationale de l’après-guerre. Dès novembre 1943, Staline participe, aux côtés des dirigeants des États-Unis et du Royaume-Uni, à la conférence de Téhéran. En 1945, il est partie prenante dans celles de Yalta (février) et de Potsdam (juillet-août). Il joue également un rôle moteur dans la fondation de l’Organisation des Nations unies (ONU). Au lieu de conclure immédiatement avec l’Allemagne un traité, les puissances victorieuses délimitent temporairement quatre zones d’occupation.

La zone orientale est octroyée à l’URSS qui va, en peu de temps, faire en sorte que s’y établissent des gouvernements communistes.

Berlin, haut symbole de la victoire alliée, est enclavée dans la zone soviétique. Mais il est décidé qu’elle restera sous contrôle de l’ensemble des alliés. La ville est donc divisée en quatre secteurs. Sa zone orientale passe sous le contrôle de l’URSS. Pour ce qui est du reste du territoire allemand, la zone située à l’est de la ligne Oder-Neisse est attribuée à la Pologne, et la partie septentrionale de la Prusse orientale revient à l’URSS. Les zones occupées sont censées être administrées comme faisant partie d’un seul pays, fonctionnant selon les principes du libre-échange. Toutefois, les Soviétiques ne tardent pas à instaurer leur propre régime dans leur zone d’occupation. À partir de 1947, un rideau de fer — selon le mot de Churchill lors de la conférence de Fulton (5 mars 1946) — sépare l’Europe de l’Est, sous domination soviétique, de l’Europe de l’Ouest, et annonce la période de la guerre froide.

Conférence de Téhéran, 1943
Conférence de Téhéran, 1943
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