La Russie depuis la fin du communisme : la difficile mise en place de la démocratie
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Carnet Photographique Russie |
En décembre 1991, l’URSS cesse d’exister : le 8 décembre, les présidents russe, ukrainien et biélorusse entérinent le fait en instituant à sa place une Communauté des États indépendants (CEI), officiellement constituée le 21 décembre par onze des anciennes républiques de l’Union soviétique (à l’exception de la Lituanie, de la Lettonie, de l’Estonie et de la Géorgie). Le 24 décembre, la Russie est reconnue par les Occidentaux comme État continuateur de l’URSS et lui succède au Conseil de sécurité des Nations unies. Dès le lendemain, Mikhaïl Gorbatchev démissionne de la présidence de l’URSS et transmet à Boris Eltsine, président de la Russie, le contrôle de l’armement nucléaire. Boris Eltsine, leader des réformateurs, est élu président de la Russie au suffrage universel en juin 1991, avec 57 % des voix dès le premier tour, tandis qu’Alexandre Routskoï, ouvertement plus conservateur, est devenu vice-président. Les conservateurs, regroupés autour du président du Parlement, émanation du Congrès des députés du peuple (CDP), Rouslan Khasboulatov, cherchent à contrer Eltsine après le lancement de son programme de réformes économiques radicales au début de l’année 1992. |
En décembre 1992, le Parlement refuse de confirmer dans son poste Iegor Gaïdar, principal architecte des plans de réformes gouvernementaux, Premier ministre en exercice depuis juin 1992, et désigne à sa place le « pragmatique » Viktor Tchernomyrdine, membre de longue date du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS), apparaissant comme partisan d’une politique économique moins radicale. |
Le même mois, la Cour constitutionnelle revient sur la décision prise par le Soviet suprême de l’URSS, avant son autodissolution en août 1991, de suspendre les activités du PCUS, redonnant au parti la possibilité officielle de reconquérir une nouvelle audience. La Russie se trouve dans une véritable impasse politique, entre une équipe gouvernementale engagée sur la voie d’indispensables réformes et un organe législatif se référant sans cesse à la Constitution de 1977, mise en place durant l’ère brejnévienne et devenue complètement inadaptée. Conservateurs et réformistes arrivent pourtant à un accord sur la tenue d’un référendum en avril 1993, vivement souhaité par Boris Eltsine. |
Le 25 avril 1993, 58 % des votants expriment leur soutien à Eltsine, qui remporte ainsi une victoire retentissante, mais demeure empêtré dans les mêmes luttes de pouvoir. En septembre 1993, il suspend de ses fonctions le vice-président Routskoï, accusé de corruption, décision à laquelle s’oppose le Parlement. |
Le même mois, il publie un décret de dissolution du Soviet suprême en raison de l’obstruction des députés conservateurs aux travaux de l’Assemblée constituante, convoquée après le référendum pour élaborer un nouveau projet de Constitution. Le Parlement juge contraires à la Constitution les décisions du président et nomma Routskoï à sa place. Une centaine de députés et plusieurs centaines de partisans armés avec à leur tête Khasboulatov et Routskoï occupèrent le siège du Parlement, la « Maison-Blanche », et refusèrent de se disperser. La situation, qui semblait complètement bloquée, évolua le 3 octobre : la tentative des rebelles d’attaquer la mairie et la tour de la télévision d’Ostankino permit au gouvernement de riposter. La Maison-Blanche fut bombardée par les forces loyalistes qui donnent ensuite l’assaut, le 4 octobre. |
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Boris Eltsine |
Routskoï et Khasboulatov sont faits prisonniers et accusés « d’organisation de désordre de masse ». Plus de 140 personnes sont tuées au cours de la rébellion. "Russie" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009 |
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