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Histoire de la Cote d'Ivoire : La présidence d’Henri Konan Bédié
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Après la disparition du président ivoirien, en 1993, le président de l’Assemblée nationale Henri Konan Bédié (« HKB ») termine le mandat en cours, conformément à la Constitution. Mais ne tenant pas son pouvoir d’une élection, sa position s’en trouve considérablement affaiblie. À la faveur d’un climat politique et social tendu, les oppositions entre communautés et régions se manifestent. Le scrutin présidentiel d’octobre 1995 est ainsi marqué par des violences intercommunautaires touchant les immigrés. Ces dissensions opposent, notamment dans l’ouest du pays, les Bété aux Baoulé, dont fait partie le nouveau président Henri Konan Bédié, tandis que les musulmans du Nord et les Burkinabés immigrés de longue date et se considérant souvent comme Ivoiriens (l’ancienne Haute-Volta a été intégrée à la Côte d’Ivoire pendant l’époque coloniale) restent marqués par la marginalisation dans laquelle les institutions tentent de maintenir Alassane Ouattara, ancien Premier ministre, en raison de ses origines burkinabés. En 1998, le président Bédié fait adopter une révision constitutionnelle instituant le septennat renouvelable jusqu’à l’âge de soixante-quinze ans. La possibilité pour le chef de l’État de reporter l’élection présidentielle prévue pour l’an 2000 soulève les protestations d’une opposition divisée.

À cette forte tension politique et communautaire liée à la future élection présidentielle s’ajoutent les problèmes nés d’une économie en chute libre. Celle-ci, dont le taux de croissance est passé de 1,8 p. 100 en 1994 à 6,8 p. 100 en 1996, avait été stimulée par la dévaluation du franc CFA jusqu’en 1998. En 1999, la libéralisation de la filière cacao, la déréglementation, la suppression de la Caistab en pleine chute des cours du cacao, la suspension des versements du Fonds monétaire international (FMI) pour « mauvaise gouvernance », de même que l’arrêt des crédits européens pour cause de corruption, ont plongé le pays dans le marasme économique.

Le 26 décembre 1999, intervenant pour faire cesser les manifestations de soldats mal payés, le chef de l’armée ivoirienne, le général Robert Gueï, destitue le président Bédié qui se réfugie au Togo, puis en France.

Bénéficiant de l’accord des partis de l’opposition, dont celui de Ouattara, puis rapidement du PDCI du président déchu, Gueï met en place un Comité national de salut public (CNSP) qui s’engage à organiser des élections. En janvier 2000, la formation d’un gouvernement de transition réunissant le Front populaire ivoirien (FPI) de Gbabo et le Rassemblement des républicains (RDR) de Ouattara tourne rapidement à la compétition entre ces deux candidats à la présidentielle, faisant ressurgir le problème de l’« ivoirité » qui avait été la cause politique de la crise précédente. En mai, l’annonce d’un référendum constitutionnel prévu pour le 23 juillet et stipulant qu’« un candidat à la présidentielle ne doit pas s’être prévalu d’une autre nationalité » est suivie de la formation d’un nouveau gouvernement de transition qui fait la part belle aux militaires et réduit la représentation du RDR.

Konan Bedie
Konan Bedié
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