Littérature allemande pendant la 2nde guerre mondiale
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Le conflit qui existe entre l’artiste, tel que Nietzsche le conçoit, et une société matérialiste de plus en plus militariste atteint son point culminant au cours des années 1930. Les nazis imposent à la littérature un réalisme social associé à un nationalisme fanatique. La plupart des écrivains importants de l’époque quittent l’Allemagne ; beaucoup meurent en exil, souvent se suicidant. Parmi ceux-là se trouve Stefan Zweig, nouvelliste et essayiste autrichien, dont les nouvelles ont connu un succès extraordinaire avant l’avènement d’Hitler. |
Zweig quitte l’Allemagne en 1935, profondément marqué par la progression et les victoires du nazisme, et se donne la mort au Brésil en 1942. Quelques écrivains hostiles au régime parviennent à rester dans leur pays sans pour autant soutenir le régime nazi : ce phénomène est nommé plus tard « l’émigration intérieure ». Le plus notable des écrivains de ce groupe est Ernst Jünger qui, après avoir été un homme de droite extrêmement conservateur et militariste, se détourne avec dégoût du régime nazi : son roman Sur les falaises de marbre, publié en 1939, est en effet une dénonciation allégorique à peine voilée du régime hitlérien. Pendant cette période, en raison de la censure sévère opérée par le régime et des dangers encourus par les opposants politiques, la seule littérature allemande de quelque importance est produite par des écrivains en exil. |
Parmi eux figure la poétesse Nelly Sachs qui doit se réfugier en Suède à partir de 1940 ; elle continue d’écrire en allemand, notamment sur la tragédie du peuple juif, et reçoit en 1966 le prix Nobel de littérature. « Ô les cheminées », son poème le plus célèbre, est un témoignage émouvant de l’horreur de l’extermination des Juifs par les nazis. Marginale et irréductible à toute tendance dans les lettres allemandes du XXe siècle, l’œuvre de l’écrivain d’origine bulgare et de langue allemande Elias Canetti, lauréat du prix Nobel de littérature en 1981, recouvre des genres variés : roman (Auto-da-fé,1936), autobiographie (la Langue sauvée, histoire d’une jeunesse, 1977 ; le Flambeau dans l’oreille, histoire d’une vie, 1980 ; Jeux de regard, histoire d’une vie, 1985) et critique (Masse et Puissance, 1960), mais elle trouve son unité dans sa thématique, qui tourne essentiellement autour des relations entre l’individu, la société et la dérive politique. "Littérature allemande" Encyclopédie Microsoft® Encarta |
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Zweig |