Art des Etats Unis : l'ère coloniale et la peinture
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Carnet Photographique Etats Unis |
Comme l’architecture coloniale, la peinture coloniale du xviie siècle reproduit avec un décalage d’au moins un siècle les styles britanniques qui survivent encore dans les zones rurales dont les colons sont originaires. Les premiers tableaux — des portraits pour la plupart — sont réalisés en Nouvelle-Angleterre dans les années 1660, une génération au moins après la fondation de la colonie. Parmi les plus intéressants, on peut citer ceux de John Freake et de Mrs. Elizabeth Freake and Baby Mary (v. 1674, Art Museum, Worcester, Massachusetts). Les documents disponibles attestent que l’art du portrait débute, approximativement à la même époque, dans la vallée de l’Hudson et dans les Catskill Mountains de l’État de New York. Le Sud-Ouest produit plutôt durant ce siècle des tableaux religieux et des décorations d’églises. |
Au début du xviiie siècle, l’école picturale la plus active est celle de la vallée de l’Hudson, où les grands propriétaires terriens, protecteurs des arts, commandent des portraits pour leurs manoirs de style hollandais. Les œuvres de cette école sont de facture assez maladroite, et leur composition est invariablement basée sur des gravures anglaises. Au cours du xviiie siècle, des artistes mieux formés s’installent en Amérique du Nord. Le principal, John Smibert (portraitiste en vue à Londres), s’installe à Boston en 1729. Son principal successeur en Nouvelle-Angleterre est Robert Feke (né en Amérique), dont le sens du dessin, des lignes et des surfaces surpasse de très loin la manière de John Smibert. |
Dans les années 1750, Benjamin West et John Singleton Copley prennent de l’importance. Formé à Philadelphie, Benjamin West (1738-1820) part pour l’Italie et l’Angleterre à la fin de 1759 ; il est rapidement reconnu comme l’un des grands représentants du style néoclassique britannique. Il devient également président de la Royal Academy of Arts. Dans son atelier de Londres, il accueille toute la génération suivante des peintres américains, parmi lesquels le portraitiste Gilbert Stuart (1755-1828). Quant à John Singleton Copley, il grandit à Boston. Ses talents s’affirment au début des années 1760. Il élève le portrait colonial à un tout nouveau degré de réalisme et d’acuité psychologique. Ses meilleures œuvres révèlent un sens du détail presque obsessionnel, allié à une grande maîtrise dans le rendu de la lumière et des textures. Durant la décennie qui précède son départ pour l’Angleterre (1774), son œuvre constitue le point culminant de la peinture américaine de la période coloniale. |
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