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Poésie française du 19ème siècle
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Le romantisme s’incarne de façon privilégiée dans la poésie, genre propice à l’épanchement du sujet. Le début du romantisme en France est d’ailleurs marqué par les Méditations poétiques (1820), d’Alphonse de Lamartine, chef-d’œuvre du lyrisme amoureux. Lamartine prolonge la même inspiration avec ses Harmonies poétiques et religieuses (1830) et son épopée en vers, Jocelyn (1836).

La poésie romantique est globalement dominée par l’expression d’un sujet solitaire, souffrant, incompris des hommes, et qui trouve refuge au sein de la nature, dont les paysages (exotiques on non) épousent subtilement les mouvements de son âme. Ainsi,les Nuits (1835-1837) d’Alfred de Musset (également auteur des Poésies, 1830-1840) relatent la chronique d’un amour malheureux et les sursauts d’une âme douloureuse. D’une manière similaire, Alfred de Vigny, qui compose ses Poèmes antiques et modernes (1822-1841) dans un contexte politique et familial difficile, y traite, sur le mode pessimiste, de son incertitude morale ; dans un autre recueil, les Destinées (posthume, 1864), où l’on trouve le célèbre poème « la Mort du loup », il reprend le thème du malheur individuel pour en faire une fatalité universelle.

 

D’autres poètes encore se situent dans cette lignée du dolorisme, notamment le Théophile Gautier de la Comédie de la mort (1838), recueil néanmoins frappant par son humour macabre, le Sainte-Beuve de Joseph Delorme (1829), mais aussi Maurice de Guérin et Aloysius Bertrand, qui s’illustrent dans le genre du poème en prose (le recueil Gaspard de la nuit d’Aloysius Bertrand, publié en 1842, inspire notamment Baudelaire lorsqu’il compose ses le Spleen de Paris).

Le romantisme est également représenté par quelques poétesses, au premier rang desquelles Marceline Desbordes-Valmore, admirée de Lamartine et de Baudelaire, et à qui l’on doit notamment les poèmes élégiaques des Pleurs (1833) et des Pauvres Fleurs(1839) ; mais il faut citer aussi Louise Colet (1810-1855), compagne de Musset puis de Gustave Flaubert et auteur notamment du Poème de la femme (1853-1856).

Le lyrisme hugolien, qui domine son siècle, est d’une nature sensiblement différente : si le ton confine à l’élégie dans des recueils comme les Chants du crépuscule (1835), les Rayons et les Ombres (1840) ou les Contemplations (1856), il ne cesse jamais de se mêler de l’affirmation vigoureuse du pouvoir du verbe poétique et de la mission de révélation du poète. L’émotion, chez Hugo, ne s’isole pas, non plus, de la volonté politique : elle est présente jusque dans les poèmes satiriques desChâtiments (1853) et dans le souffle épique de la Légende des siècles (1859-1883).

Il convient de dire que la veine politique n’est pas négligeable dans la poésie romantique : nombre de ces écrivains jouent un rôle politique actif, comme Lamartine ou Hugo, rêvent de le faire, ou regrettent de ne l’avoir pas fait, comme Musset.

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Théophile Gautier
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