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La présidence de Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981)
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La maladie du président Pompidou ayant été longtemps cachée, l’annonce de sa mort est une surprise pour les Français. Les partis politiques n’ont pas préparé de candidat ou de programme, à l’exception de la gauche unie qui se présente sur la base du Programme commun de gouvernement mais pour qui l’élection arrive néanmoins un peu tôt. Au premier tour, le candidat socialiste François Mitterrand, qui bénéficie du soutien du Parti communiste et des radicaux de gauche, arrive en tête. Malgré la candidature du gaulliste Chaban-Delmas, la droite apporte son soutien au centriste Valéry Giscard d’Estaing, qui l’emporte au second tour à une très faible majorité.

Le gouvernement de Jacques Chirac (1974-1976)
Valéry Giscard d’Estaing veut associer tous les partis centristes au gouvernement et prône un libéralisme attentif aux problèmes de société.

Âgé de 48 ans, il inaugure un style de présidence moderne et « décontracté », abaisse l’âge de la majorité à dix-huit ans, permet le vote de la loi Veil autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et crée un secrétariat d’État à la condition féminine. Le gaulliste Jacques Chirac, qui a activement contribué au succès électoral de Giscard d’Estaing en ralliant à sa candidature une partie des gaullistes, devient son Premier ministre. Malgré une politique de relance de la consommation, la récession s’aggrave. En 1975, l’indice de la production industrielle diminue pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et le nombre de chômeurs atteint 900 000, une augmentation de 45 % par rapport à 1974.

En matière de politique extérieure, Valéry Giscard d’Estaing continue de privilégier l’alliance franco-allemande dans la construction européenne et accorde une grande importance à la politique africaine de la France, intervenant au Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo) en 1978. Sans remettre en question ses alliances, la France prend position en faveur d’une poursuite de la détente entre l’Ouest et l’Est en dépit de la crise créée par l’intervention soviétique en Afghanistan (décembre 1979).

De profondes divergences opposent le président et son Premier ministre sur le plan économique et politique, et Jacques Chirac donne sa démission en août 1976. Pour la première fois sous la Ve République, un conflit éclate au grand jour entre le président de la République et le chef du gouvernement. Le fait qu’il tourne à l’avantage de Giscard d’Estaing vient confirmer la prééminence présidentielle mise en place par les institutions de 1958, tout comme le choix, comme successeur de Jacques Chirac, d’un Premier ministre peu marqué politiquement, présenté comme « le meilleur économiste de France ». La crise de 1976 déplace le centre de gravité de la majorité au profit des centristes libéraux.

Jacques Chirac
Jacques Chirac
Le gouvernement de Raymond Barre (1976-1981)
Le nouveau Premier ministre, Raymond Barre, a pour mission de mettre fin à la stagnation industrielle, au déficit de la balance commerciale et à l’inflation. Il entreprend d’orienter la France vers une économie plus libérale. Le contrôle des prix est progressivement supprimé, les industries qui ne sont plus compétitives sont restructurées et les industries de haute technologie encouragées.
Raymond Barre

Parallèlement, le gouvernement engage une politique d’austérité, limitant la hausse des salaires et augmentant les impôts. Pour pallier la hausse des prix du pétrole et réduire la dépendance énergétique de la France, le programme de développement de l’énergie nucléaire est encouragé. Mais le deuxième choc pétrolier de 1979-1980 vient perturber ces tentatives de redressement : L’investissement privé n’augmente pas comme prévu, le commerce extérieur reste déficitaire, tandis que l’inflation et le chômage se maintiennent à un niveau élevé.

Sur le plan politique, la gauche est de nouveau distancée aux élections législatives de 1978 après la rupture de l’union entre les signataires du programme commun de 1972, alors que le Parti socialiste passe pour la première fois devant les communistes en nombre de voix.

Raymond Barre
"France (histoire)" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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