Carnet Photographique : le Canada
La période romantique
Carnet Photographique France

La fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle sont fortement marqués par la production des auteurs de l’émigration royaliste. En inventant le « mal du siècle », le plus notable d’entre eux, François René de Chateaubriand, place son œuvre sous le signe du culte du moi, mais d’un moi souffrant d’être au monde, inaugurant ainsi en France, dans le prolongement des écrits rousseauistes, non le romantisme à proprement parler, mais la sensibilité romantique.

Dans le Génie du christianisme (1802), il propose le salut par la religion chrétienne et, en 1801, s’affirme comme romancier avec Atala, histoire d’un amour pur et fatal, montrant une image de la passion inséparable du sacrifice et de la mort.

 

Les traits autobiographiques, partout décelables dans l’œuvre de Chateaubriand, mèneront au monument qui couronne sa vie : les Mémoires d’outre-tombe (1848-1850 pour la parution en feuilleton, 1849-1850, 1898 et 1948 pour la publication en volumes), fruit de quarante années de travail.

Le romantisme français est nettement précédé et influencé par les romantismes anglais et allemand. C’est Mme de Staël, un des plus grands esprits critiques de cette période, riche d’une culture européenne, qui introduit le romantisme allemand en France avec De l’Allemagne (1813), ouvrage qui fait connaître les grands romantiques allemands et définit le romantisme par opposition au classicisme. Mme de Staël témoigne d’une sensibilité « romantique » dans ses romans d’inspiration autobiographique, tellesDelphine (1802) et Corinne ou l’Italie (1807), fines études psychologiques de l’amour-passion, et dans ses essais critiques, notamment De la

littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800), où elle traite conjointement de politique et d’esthétique.

Parmi les auteurs proches de Mme de Staël, il faut citer Xavier de Maistre, auteur du Voyage autour de ma chambre (1795), Étienne Pivert de Senancour, qui connaît une célébrité tardive avec son roman Oberman (1804), et surtout Benjamin Constant, qui propose une analyse cruelle du mal d’aimer dans le récit autobiographique de sa liaison avec Mme de Staël, Adolphe (1806, publié en 1816).

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Chateaubriand
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