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Staline et l'URSS : 1924 - 1939
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Dès la mort de Lénine (21 janvier 1924), la lutte pour sa succession s’ouvre, témoignant des fractures qui traversent un PC où les tendances sont normalement interdites.

Sur fond de crise politique (12 S-R viennent d’être exécutés pour actes terroristes et sabotage et le PC a été expurgé de plusieurs dizaines de milliers « d’ennemis du peuple »), cette lutte de succession oppose Trotski (qui dénonce la bureaucratisation centralisatrice du régime) à Staline (qui vient d’accuser Lénine de « révisionnisme antibolchevique »). Dès 1923, Staline a formé une première troïka antitrotskiste avec Kamenev et Zinoviev. Cette direction collective apparaissait plus rassurante que le « cours nouveau » préconisé par Trotski. Mais la troïka se divise à son tour : Staline s’allie alors avec Boukharine, Rykov et Tomski contre la seconde troïka formée par Trotski, Kamenev et Zinoviev.

 

En 1924, 1925, 1926, le combat idéologique fait rage. Mais courant 1927, fort de son contrôle sur l’appareil du parti depuis qu’il est en le secrétaire général (mai 1924), Staline impose ses vues. Il développe l’idée de la construction du « socialisme dans un seul pays ».

Après avoir rejeté le léninisme, il porte l’accusation contre Trotski. En 1927, Trotski, déjà privé depuis janvier 1925 de son poste hautement stratégique de président du Conseil militaire révolutionnaire (qui lui donnait l’autorité sur l’Armée rouge) publie le tome III de ses œuvres, qui comporte une préface intitulée « Les leçons d’Octobre ». Il y tire les conclusions de la Révolution de 1917 et de ses conséquences. Mettant en avant le concept de « révolution permanente », Trotski se heurte à l’immobilisme de Staline, adepte d’un révolutionnarisme figé. En novembre 1927, avec Kamenev et Zinoviev auxquels il s’est associé dans l’« Opposition unifiée », il est victime de la vague antitrotskiste et exclu par référendum du PC en octobre 1928. En 1929, il est banni d’URSS, puis assassiné à Mexico en 1940, sur l’ordre de Staline, par un agent du Guépéou (qui remplace la Tcheka en février 1922) . En revanche, Zinoviev et Kamenev sont réintégrés après leur autocritique.

Après avoir éliminé et / ou muselé l’opposition « de gauche », Staline s’attaque enfin à l’opposition « de droite » — ses anciens alliés : Boukharine, Rykov et Tomski sont accusés d’« opportunisme de droite » à cause de leur critique du système économique soviétique et jugés trop dangereux aux postes qu’ils occupent (Boukharine, qui lui aussi fera son autocritique, dirige la Pravda [« la Vérité »], organe aux ordres du parti).

Grâce à cette politique du vide et par la mise en place du système de la nomenklatura, grâce aux purges, au Goulag et à l’hyperbureaucratisation délatrice du PCUS qui domine l’État, Staline est devenu, en 1929, le chef incontesté du pays. Pour gouverner, il s’appuie sur l’appareil du parti, sur la police et sur le Guépéou qui a pour tâche d’user de ses pouvoirs répressifs contre toute personne accusée ou soupçonnée de nuire aux intérêts du prolétariat. Staline prend également soin de nommer ses proches — Molotov, Kouibytchev, Ordjonikidze et Vorochilov — aux postes clés.

Cette « caporalisation » (J.-J. Marie, 1997) de la vie politique se double, en outre, d’une mise sous tutelle de la vie associative, culturelle, intellectuelle, qui passe, entre autres exemples, par la mise au pilon des

Joseph Staline
Joseph Staline
ouvrages rédigés par les ex-membres du parti condamnés ou déportés en camp. L’ascendant de Staline sur l’URSS ne cesse de croître. "URSS" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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