Les arts baroque et rococo : la peinture
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Carnet Photographique Espagne |
Vélasquez peint, lui aussi, des tableaux religieux et occasionnellement des scènes mythologiques, voire au début de sa carrière des bodegones. Le bodegón est une forme spécifiquement espagnole de nature morte, associée à des scènes de la vie quotidienne dans une cuisine ou dans une taverne, par exemple. Il est aussi l’auteur de deux petits paysages qu’il réalise à Rome, d’une magnifique scène d’histoire contemporaine (la Reddition de Bréda, 1634, musée du Prado, Madrid) et d’un nu féminin (Vénus au miroir, 1647-1651, The National Gallery, Londres), très rare, puisque l’Inquisition désapprouvait la nudité. Néanmoins, après s’être installé à Madrid en 1623, il travaille surtout comme portraitiste, domaine dans lequel il excelle. Son œuvre possède une dignité majestueuse et une capacité presque magique à faire vivre l’espace et les personnages : ainsi, le pape Innocent X aurait qualifié son portrait réalisé par l’artiste de « troppo vero » (« trop vrai » ; Portrait d’Innocent X, v. 1649-1650, galleria Doria-Pamphilj, Rome). |
Après les sommets atteints au xviie siècle, la peinture espagnole s’essouffle au xviiie siècle. Malgré l’existence de quelques artistes éminents, dont le peintre de nature morte Luiz Meléndez (1716-1780), ce sont des étrangers qui dominent la peinture de cour, à commencer par l’artiste napolitain Luca Giordano, actif à Madrid de 1692 à 1702. Le plus illustre de ces étrangers est le Vénitien Giambattista Tiepolo, principal peintre de fresques du xviiie siècle, qui réalise les plafonds du Palais royal de Madrid dans les années 1760. Caractéristique de l’évolution vers le néoclassicisme, le travail de l’Allemand Anton Raphael Mengs a été préféré, à l’époque, à la chaleur et à la résonance des œuvres de Tiepolo. Cette prépondérance étrangère prend fin dans les dernières années du xviiie siècle avec Francisco de Goya. Connu à son époque comme portraitiste, il est aujourd’hui également apprécié pour ses gravures à l’eau-forte, satires diverses et dénonciations des atrocités commises en Espagne par les troupes napoléoniennes. |
Peintre à la cour de Madrid — dont ses portraits donnent une image si peu flatteuse qu’ils paraissent cruels — pendant presque toute sa carrière, Goya a aussi travaillé pour l’Église, et c’est l’un des premiers artistes espagnols à avoir été employé par la bourgeoisie. L’importance croissante de Madrid, déclarée capitale nationale en 1561 tend à donner un point de convergence à l’art espagnol et à réduire, à partir du xviiie siècle, les traditions artistiques régionales. Ce processus est accentué par la fondation des Académies d’art, qui diffusent un néoclassicisme uniforme, évinçant le baroque qui avait prospéré si vigoureusement et si singulièrement en Espagne. Les principales académies fondées en Espagne au xviiie siècle se trouvent à Madrid (1752), à Valence (1753), à Barcelone (1775), à Saragosse (1778), à Valladolid (1779) et à Cadix (1789). |
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Peinture de Goya |
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